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On ne peut que s'extasier devant ce piton rocheux et la vue qu'il promet après son escalade sur nombre de sommets lointains et la Méditerranée.

Ancré dans les reliefs des Hautes Corbières, le château de Peyrepertuse se dresse sur une crête calcaire à près de 800 m d'altitude, au-dessus de la garrigue et des vignes. Une pente progressive nous permet d'admirer le paysage et d'appréhender la forteresse qui se rapproche.

Histoire du site :

Le site de Peyrepertuse a été occupé à l’époque romaine, dès les débuts du 1er siècle avant J.C.

Faisant partie de la Marche d’Espagne, la première mention du château date de 1020, à une époque où le Pérapertusès était dans la mouvance des comtes catalans de Besalù. Par la suite, Peyrepertuse eut comme suzerain les comtes de Barcelone puis, vers le milieu du XIIème siècle, les rois d’Aragon.

Au cours de la croisade contre les Albigeois, Guillaume de Peyrepertuse, ne voulant pas faire sa soumission, est excommunié en 1224. Après l’échec du siège de Carcassonne, Guillaume se soumet et le château devient possession française en 1240.

En 1258, le Traité de Corbeil allait fixer, pour quatre siècles, la frontière entre la France et l’Aragon : Peyrepertuse devint alors forteresse royale à la limite Sud de la Couronne. A la fin du XIIIème siècle, elle matérialise une place forte dotée d’exceptionnelles défenses.

Le traité des Pyrénées (1659) en éloignant la frontière à son emplacement actuel, diminua l’importance stratégique de ce château. Toutefois, il conserva une petite garnison jusqu’à la Révolution. En 1950, commencent les premières campagnes de consolidation du monument.

Cliquez sur la photo ci-dessous pour ouvrir la visite virtuelle du château :

Descriptif :

Le monument se compose de trois parties : l'enceinte basse et son donjon, l'enceinte médiane et le donjon Sant-Jordi (Saint-Georges). L'enceinte basse, de forme triangulaire, est protégée du côté nord par une muraille de 120 m de long, flanquée de deux tours de plan semi-circulaire, qui a gardé son chemin de ronde formé de larges dalles reposant sur des corbeaux. Le mur nord se termine par un éperon ou tour triangulaire. Le côté sud, défendu par l'à-pic de la falaise, est également protégé par le retour de la courtine où l'on peut voir des latrines. Les vestiges d'une construction de plan irrégulier dominent les ruines d'un logement plus tardif. L'angle nord-ouest abrite la porte d'entrée.

Le donjon vieux est formé de l'église Sainte-Marie et d'un logis. L'église est un édifice roman dont l'abside est voûtée en cul-de-four. La nef, divisée en deux par un mur tardif, était couverte d'une voûte en berceau brisé. Le logis, constitué de deux pièces voûtées superposées, se termine par une tour semi-circulaire. Quatre citernes alimentaient le château, l'une dans l'église; l'autre dans le logis et les deux dernières à Sant-Jordi,

L'enceinte médiane est construite sur un plateau incliné vers le nord. Des ruines de bâtiments sont visibles dont celles d'une importante construction polygonale aux murs défendus par des archères.

Le donjon Sant-Jordi est accessible par l'escalier dit "de Saint Louis", taillé dans le flanc nord du rocher. Parmi les pièces du donjon, la chapelle Sant-Jordi à nef unique et abside semi-circulaire arasée. De ce point de vue, on aperçoit le château voisin de Quéribus et, plus loin, la tour dei Far de Tautavel, et Força Real en Roussillon

Château de Peyrepertuse - Cathares - panoramique
Château de Peyrepertuse - Cathares - panoramique
Château de Peyrepertuse - Cathares - panoramique
Château de Peyrepertuse - Cathares - panoramique

Le monde cathare

Le contexte.

Au XII ème siècle, le sud-ouest de la France offre une scission linguistique (langue d'oc), politique et culturelle. D'un reste de civilisation romaine, ses habitants ont cultivé des valeurs de partage et d'égalité. Les troubadours, musiciens et poètes, propagent l'amour et l'équité de chaque citoyen. Les consuls et capitouls, citoyens élus, représentent le peuple devant les seigneurs dont ils dépendent et réduisent ainsi les rapports de force habituels en cette période médiévale. La situation géographique étant propice à d'importants échanges commerciaux et culturels, l'esprit des occitans est ouvert aux idées nouvelles et libertaires.

L'origine et son développement

Devant la rigidité et le despotisme de la religion catholique romaine, de nombreux moines se révoltent devant la richesse ostentatoire de sa hiérarchie et prêchent un retour à la simplicité des relations entre l'homme et Dieu, respectant l'idéal de vie et de pauvreté du Christ.

Cette religion nouvelle se propagea rapidement et effraya l'église catholique. Elle rejetait tous les sacrements de l'Église catholique (baptême d'eau, eucharistie, mariage, etc.) et interprétait différemment les évangiles.

L'albigeois (cathare nommé ainsi, tirant son nom de la ville d'Albi) a pour but la pureté parfaite de l'âme, en s'exonérant de la matière physique et des besoins terrestres. La religion cathare tire son nom du mot grec « catharos » qui signifie « pur ». Le « bien », contrairement au « mal » est la finalité dans la mort, qui signifie la délivrance pour les cathares. Ce dédain pour la mort leur donna l'énergie nécessaire pour résister aux attaques morales et physiques du roi de France et du pape. Des moines furent envoyés pour remettre les ouilles sur le droit chemin de la papauté dès 1147 sans autre succès que l'assassinat du prélat du pape, Pierre de Castelnau, en 1208. La rupture est définitivement consommée.

La répression se mit en place, par la première croisade (1209-1218), qui vit tomber les villes de Béziers et de Carcassonne. Les croisés, qui ne savaient comment distinguer les chrétiens des « hérétiques » se virent diriger par cette phrase effroyable de l'abbé de Cîteaux, Arnaud Amaury : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens! «

Au sortir des batailles, les cathares survivants ne reniaient pas leur foi et préféraient le bûcher au « repentir » et la vie sauve.

Ces croisades mêleront guerre de religion et conflit politique. Les seigneurs occitans, alliés ou non, virent une main mise du roi de France sur le sud du pays. Ils s'unirent et tentèrent une passe d'arme vite écourtée par Simon de Monfort, sbire en place du pouvoir royal.

La seconde croisade de 1226, après une période de paix relative, fut menée par le roi de France en personne, Louis VIII. Les seigneurs occitans durent signer allégeance par traité au pouvoir royal et apporter leur aide au tribunal d'inquisition. Les frères dominicains inquisiteurs n'eurent pas raison des « hérétiques ». Devant leur joug, les chevaliers cathares se révoltèrent et assassinèrent le tribunal.

La bataille finale sonnant la fin du catharisme en Occitanie eut lieu au château de Montségur, où 400 cathares s'étaient réfugiés. Ce pic de 100 mètres de hauteur leur permit pendant une année de résister à l'assaut des troupes royales et papale. Une nuit de juillet 1244, un groupe de montagnards gravit les pentes du roc et ouvrirent les portes aux forces assaillantes. Le siège de la hiérarchie cathare tombât. Définitivement.

Ce fut la fin de « la culture la plus raffinée de l'époque : la civilisation occitane issue du mythe de la chevalerie, de l'honneur chevaleresque et de l'amour-courtois, honorée par les troubadours. ».

Le mouvement cathare fut à l'origine du rattachement du sud de la France au royaume et à l’avènement de l'inquisition.

Le dernier cathare connu est Guilhem Bélibaste, mort sur le bûcher en 1321 à Villerouge-Termenès.


 

Château de Peyrepertuse - Cathares - panoramique
Château de Peyrepertuse - Cathares - panoramique
Château de Peyrepertuse - Cathares - panoramique

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